Bonjour,
Votre situation est effectivement très lourde et il est normal que vous soyez désemparés. Sur le plan juridique, il faut bien distinguer les deux volets du dossier, qui sont traités par des autorités différentes et qui, malheureusement, s'articulent mal entre eux.
Sur le plan administratif, l'OQTF assortie d'une IRTF de 3 ans produit des effets immédiats tant qu'elle n'est pas annulée ou suspendue. Le rejet par le tribunal administratif signifie que, juridiquement, la mesure d'éloignement est valable à ce stade. L'appel devant la cour administrative d'appel est la bonne voie, mais les délais sont effectivement longs, souvent plusieurs mois, et l'appel n'est pas suspensif sauf décision spécifique de la cour. Tant que cette OQTF et cette IRTF existent, l'administration pénitentiaire et le SPIP considèrent que votre frère n'a pas vocation à rester sur le territoire.
Sur le plan pénal, le SPIP raisonne de manière très pragmatique. Un aménagement de peine, un bracelet ou une reprise de vie commune supposent une perspective de stabilité sur le territoire. Or, en présence d'une OQTF avec interdiction de retour, le SPIP estime que l'aménagement est juridiquement incohérent puisqu'une mesure d'éloignement est censée être exécutée à l'issue de la détention. C'est pour cette raison qu'ils annoncent un rejet, même si la décision finale appartient bien à la JAP.
Les convocations au commissariat, à l'UPA, à SOS Victimes et les enquêtes employeur et hébergement ne sont pas inutiles pour autant. Elles servent à documenter l'ensemble de la situation familiale, pénale et sociale, afin que la juge ait une vision complète du dossier. Même si le SPIP est défavorable, la JAP peut s'écarter de son avis, notamment en cas d'éléments familiaux très forts ou de risque sérieux pour la santé mentale du détenu.
Concernant l'état psychologique de votre frère, c'est un point essentiel. Il est impératif que son état soit signalé officiellement et médicalement. Il doit consulter le service médical de la détention et, si nécessaire, demander un suivi psychiatrique. Des certificats médicaux établissant une dégradation grave de son état peuvent peser devant la JAP, non pas sur l'OQTF elle-même, mais sur les modalités d'exécution de la peine.
La demande adressée par son épouse à la JAP pour la reprise de vie commune ne peut pas, juridiquement, faire disparaître une OQTF ou une IRTF. Seule la juridiction administrative peut lever ces mesures. En revanche, elle peut être prise en compte par la JAP dans l'appréciation humaine et familiale du dossier, même si, dans la pratique, cela reste très difficile tant que l'éloignement n'est pas annulé.
Concrètement, les leviers encore utiles sont donc l'appel devant la cour administrative d'appel contre l'OQTF et l'IRTF, le suivi médical sérieux et documenté en détention, et la préparation de l'audience JAP en mettant l'accent sur la santé mentale, la famille et la proportionnalité du maintien en détention. Il faut malheureusement être lucide : tant que l'OQTF avec IRTF n'est pas levée, les chances d'aménagement restent faibles.
Votre sentiment de tourner en rond est compréhensible, car le pénal et l'administratif se bloquent mutuellement. La priorité reste clairement la procédure administrative d'appel, même si elle est lente.
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il y a 1 jour
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